Depuis le 26 octobre 2025, la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 modifie profondément les entretiens professionnels qui deviennent désormais des entretiens de parcours professionnels.

Cette réforme s’inscrit dans la transposition de l’accord national interprofessionnel (ANI) du 25 juin 2025, visant à offrir aux salariés un accompagnement plus complet et mieux adapté à leur évolution professionnelle.

Transformation des « entretiens professionnels » en « entretiens de parcours professionnels »

Concrètement, les entretiens de parcours professionnels se distinguent des anciens entretiens professionnels notamment par leur périodicité. Après un premier entretien d’état des lieux réalisé dans l’année suivant l’embauche, le salarié bénéficie désormais d’un entretien tous les quatre ans (contre deux ans auparavant), et d’un état des lieux récapitulatif tous les huit ans (contre six ans avant). Cette périodicité peut être adaptée par accord de branche, sans toutefois excéder quatre ans.

Ces entretiens ont pour objet d’aborder de manière complète plusieurs dimensions : 
•    Les compétences du salarié et leur évolution possible au regard des transformations de l’entreprise, 
•    Sa situation et son parcours professionnels, 
•    Ses besoins en formation, ses souhaits d’évolution, 
•    Et l’activation de son compte personnel de formation (CPF).
Ils peuvent ouvrir la voie à des projets de reconversion, de transition professionnelle, de bilan de compétences ou de validation des acquis de l’expérience (VAE).

Les entretiens se déroulent pendant le temps de travail, organisés par l’employeur et menés par un supérieur hiérarchique ou un représentant de direction. Dans les entreprises de moins de 300 salariés, le salarié peut bénéficier d’un conseil en évolution professionnelle (CEP) pour préparer l’entretien, tandis que l’employeur peut être accompagné par son Opco.

Entretiens de reprise et de fin de carrière

La loi prévoit que cet entretien soit proposé systématiquement au salarié qui reprend son activité à l’issue de certains congés (maternité, parental, sabbatique, etc.) s’il n’a pas bénéficié d’un entretien au cours des 12 derniers mois précédant sa reprise. Par ailleurs, un entretien de parcours professionnel spécifique est organisé dans un délai de deux mois suivant la visite médicale de mi-carrière, avec un focus sur les mesures d’adaptation du poste, les besoins en formation et les souhaits de mobilité ou de reconversion.

Enfin, lors de l’entretien réalisé dans les deux ans précédant le 60e anniversaire du salarié, sont abordées les conditions de maintien dans l’emploi ainsi que les aménagements possibles de fin de carrière, comme le passage à temps partiel ou la retraite progressive. Les résultats de ces entretiens alimentent le plan de développement des compétences de l’entreprise, tandis que le Comité social et économique reçoit un bilan de leur mise en œuvre.


Une entrée en vigueur en deux temps

1.    Le 26 octobre 2025, date à partir de laquelle, pour la majorité des entreprises, l’entretien de parcours professionnel remplace l’entretien professionnel. Ces entreprises doivent donc déjà appliquer le nouvel entretien de parcours professionnel.
a. Pour cet entretien, la périodicité est normalement fixée à quatre ans.
b. Pour les salariés nouvellement embauchés, ce droit à un entretien doit être exercé au cours de la première année suivant l’embauche.

2.    Le 1er octobre 2026, date à laquelle les entreprises qui appliquent un accord collectif d’entreprise ou de branche portant sur la périodicité des entretiens professionnels devront adapter leur pratique. Jusque-là, ces entreprises continuent d’appliquer les règles précédentes, avec des entretiens professionnels qui doivent donc être réalisés conformément aux obligations en vigueur en 2025.

NB : L’Accord du 23 septembre 2025 relatif à l’emploi, à l’alternance et à la formation professionnelle dans la branche ferroviaire, prévoit que le salarié bénéficiera de 3 entretiens professionnels sur une période de 6 ans dont un à son initiative. Les entreprises de la branche ferroviaire ont toutefois la possibilité, si elles le souhaitent, d’organiser des entretiens professionnels à une fréquence plus élevée.

Cette organisation progressive permet aux entreprises sans accord collectif de passer directement au nouveau cadre, tandis que celles avec accords bénéficient d’un délai pour ajuster leur dispositif avant la mise en conformité obligatoire au 1er octobre 2026.

 

Contact : AEF@utpf-mobilites.fr